L'Indice de Masse Corporelle chez l'Enfant

Fonctionnement de l’IMC chez l’enfant

La croissance de l'enfant

Comment calculer l’IMC chez l'enfant?

Causes et conséquences de l’obésité infantile

Comment prévenir l'obésité chez l’enfant?

Comment guérir l'obésité chez l’enfant?

Dernières nouvelles

 

 

 


Fonctionnement de L’IMC chez l’enfant

Reconnu par l’Organisation Mondiale de la Santé, l'indice de masse corporelle (IMC) est à l’heure actuelle la façon la plus simple de définir si une personne souffre de surpoids ou d’obésité.

Bien que conçus au départ pour les adultes, de nouveaux diagrammes de croissance spécialement créés pour les enfants de 0 à 18 ans ont vu le jour au cours des dernières décennies.

Si le calcul de l’IMC demeure le même, les résultats doivent être quant à eux interprétés selon les deux diagrammes suivants (fait à noter, les enfants dont l’IMC est supérieur au 97e percentile de ces diagrammes présentent un excès pondéral. Cette zone est séparée en deux niveaux : l'obésité de degré 1 et l'obésité de degré 2) :

Les diagrammes de croissance
Le diagramme de croissance
pour les filles de 0 à 18 ans
Le diagramme de croissance
pour les garçons de 0 à 18 ans

 

La croissance de l'enfant

Au cours de la croissance de l'enfant, la corpulence varie de manière physiologique. En moyenne, la corpulence augmente durant la première année, diminue jusqu'à l'âge de 6 ans, puis augmente à nouveau jusqu'à la fin de l’adolescence. Mesurant une cinquantaine de centimètres à la naissance, l'enfant en fera le double à l'âge de 4 ans. Ainsi, au cours de la première année, l'enfant s'alimente de plus en plus. L'indice de masse corporelle augmente donc rapidement et il en résulte un nourrisson potelé. Puis, l'enfant commence graduellement à marcher. Vers l'âge de 2 ans, l'enfant prendra davantage d'assurance et son activité physique augmentera en conséquence. À 3 ans, sa dépense en calories fera en sorte que l'IMC connaîtra alors un net recul. Si bien que vers l'âge de 4 ans ou 5 ans, on devrait être en mesure de compter les côtes de l'enfant. Cela dit, l’âge clé se situe à 6 ans, soit au moment où la courbe augmente à nouveau en raison de la croissance de l'enfant. Cette remontée de la courbe est communément appelée « rebond d’adiposité ». L’âge auquel survient ce rebond est le meilleur indicateur du risque d’obésité chez l’enfant. Ainsi, plus le rebond est précoce, plus le risque pour l'enfant de devenir obèse sera élevé. À l'opposé, s'il s'effectue vers l'âge de 6 ans, ce sera alors un signal de santé pour l'enfant en question.


Comment calculer l’IMC chez l'enfant?

Il est également possible d'effectuer le calcul de l'IMC de l'enfant par la division suivante :

IMC = Poids (en kilogramme) / (Taille (en mètre) x Taille (en mètre))

Par exemple, pour une fillette de 9 ans pesant 19 kg et mesurant 1,10 mètre l’IMC sera de :

IMC = 19 / (1,1 X 1,1) ou 19 / 1,21 = 15,70

Comme on peut le constater ci-dessous, le résultat du calcul de l'IMC chez l'enfant en question (15,70) se retrouve tout à fait dans la moyenne du diagramme de croissance des filles.


Causes et conséquences de l'obésité infantile

Depuis quelques décennies, l’obésité infantile augmente à un rythme alarmant. Cette augmentation s’est même accélérée ces dernières années. Il s’agit d’un phénomène touchant plus particulièrement les pays les plus industrialisés. En France par exemple, le pourcentage d’enfants présentant un excès pondéral est passé de 3 % en 1965 à 5 % en 1980, 12 % en 1996 puis 16 % en 2000.

Dans la majorité des cas, la diminution de l’activité physique en serait la cause principale. En effet, la combinaison de l’augmentation du niveau de vie (transports motorisés, ascenseurs), des loisirs sédentaires (jeux vidéo, télévision) et de la diminution de la charge de travail, a fortement contribué à réduire la dépense énergétique quotidienne.

Des études ont également démontré que les personnes obèses ont davantage tendance à manger le soir (alors que l’activité corporelle diminue la nuit) plutôt que durant la matinée et l’après-midi.

Il va sans dire que l’obésité peut avoir des conséquences graves sur la santé des enfants et des adolescents :

- augmentation du risque d'asthme

- augmentation du risque d'arthrite

- augmentation du risque de diabète

- augmentation du risque d'hypertension

- diminution de l’espérance de vie


Comment prévenir l’obésité chez l’enfant?

Les diagrammes de croissances permettent de faire un excellent suivi de la courbe de corpulence de l’enfant. En faisant régulièrement le calcul de l'IMC de l'enfant et en surveillant l’évolution des courbes, il est en effet possible de détecter s'il est à risque. Ainsi, le passage de l’enfant dans un couloir supérieur est un signal d’alarme à ne pas négliger.

Tel que mentionné auparavant, un rebond d’adiposité précoce (avant l’âge de six ans) est également un bon indicateur d’un risque élevé d’obésité pour l'enfant.


Comment guérir l'obésité chez l'enfant?

Tout comme l’alimentation n’est pas la seule cause de l’obésité, le régime n’est pas non plus la seule solution. Dans la majorité des cas, il faudra s’attaquer au problème de manière globale. Il s'agit ni plus ni moins de modifier le mode de vie de l’enfant. Les trois principales avenues à explorer sont :

- l'augmentation de la dépense énergétique par l'exercice physique

- la diminution de la consommation de calories (tout en conservant un régime équilibré)

- le déplacement de la consommation de calories vers le début de la journée (période durant laquelle l'organisme brûle davantage de calories)

- l'apprentissage des bonnes habitudes alimentaires (l'enfant doit apprendre à bien mâcher ses aliments, à ne pas manger devant la télévision, à remplacer les boissons gazeuzes par de l'eau, etc.)

Dans tous les cas, il convient de consulter un professionnel des soins de santé afin d'obtenir une évaluation détaillée de la situation.


Dernières nouvelles

Selon une étude de de la revue BMC Public Health, le niveau de vie du quartier dans lequel un enfant est élevé peut avoir des répercussions sur son IMC. C'est ainsi que des enfants habitant dans les quartiers canadiens les plus pauvres sont davantage affecté par l'embonpoint que les autres. Dans le même ordre d'idées, les enfants des régions urbaines auraient en général un poids inférieur à ceux des régions rurales. Rappelos qu'au Canada, le phénomène de l'obésité chez les enfants de 6 à 11 ans a doublé près de 25 ans, passant de 13 % en 1977 à 26 % en 2004.

De nouvelles données de l'OMS indiquent que 10% des enfants âgés de 5 à 12 ans sont concernés par l'obésité. Il s'agit d'une hausse de 150 % en 15 ans. Il est également démontré que le nombre des enfants les plus massifs a été multiplié par 5 en de 1980 à 1996, alors que celui des modérés a quant à lui été multiplié par 2 sur la même période de temps.

Une nouvelle étude, cette fois effectuée par l’Université Harokopio d’Athènes, a confirmé que le risque d’obésité infantile est beaucoup plus élévé lorsque les parents eux-mêmes sont de poids excessif. En effet, l'étude démontre que les enfants dont l'un des parents est obèse étaient presque deux fois fois plus susceptibles d’être eux-mêmes en surpoids. Quant à eux, les enfants dont les deux parents sont obèses étaient 2,4 fois plus susceptibles d’être en surpoids. Dans un autre ordre d'idée, il est à noter que 32% des enfants grecques étaient de poids excessif, ce qui est plus élevé que la moyenne internationale estimée de 21%.

Une équipe britannique a récemment publié les résultats d'une recherche selon laquelle les différences qui existent entre l’IMC et le tour de taille étaient davantage attribuables aux gènes (77%) qu'à l’environnement dans lequel l’enfant grandit (23%). Par conséquent, si l'environnement familial demeure un facteur clé dans la détermination de la prise de poids chez l'enfant, on ne peut tout lui attribuer.

Selon l'OMS, près de 400 millions de personnes souffriraient d'obésité dans le monde. De ce nombre la moitié seraient des enfants de moins de 5 ans.


Sources

- Organisation Mondiale de la Santé
- Programme National Nutrition Santé (France)
- Centre National pour les Statistiques de la Santé (États-Unis)
- Santé Canada (Canada)